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  • Photo du rédacteurAimée Verret

Le roman en vers

Je n'avais jamais pensé à écrire un roman en vers avant de lire The Poet X d'Elisabeth Acevedo.

D'ailleurs, merci à ma jeune sœur qui me l'avait offert en cadeau. Elle m'a bien seizée, comme on dit.


L'histoire

Le livre m'a captivée avec son récit mettant en scène une ado pas encore tout à fait adulte, mais avec un corps de femme. On y raconte sans complaisance les complexes qu'engendrent les changements physiques de la puberté, mais aussi comment la mère inculque une honte (inspirée par sa ferveur religieuse) à la narratrice. Comme si celle-ci était responsable de l'attention qu'elle attire – et que cette attention était forcément vouée au mal.

Dans certains cas, l'attention est malvenue et mal exprimée. Elle blesse et effraie. Dans un autre, par exemple... elle est souhaitée. Mais la jeune fille ne sait pas comment la susciter.

Les débuts maladroits d'une relation amoureuse, un sujet qu'on a vu maintes fois en littérature pour ados (j'en suis coupable aussi), sont ici relatés avec doigté et sensibilité.

Un autre aspect qui m'a touchée, quoique indirectement, est le fait que la narratrice soit latina. Je pense que toute lectrice (et même tout lecteur) peut se reconnaître dans son insécurité et ses mésaventures. Mais ça m'a sensibilisée à d'autres facettes du lien au corps, à la mère, à la famille, à la culture dominante.


La forme

La plupart des poèmes sont courts, occupent une seule page, parfois quelques-unes. Je trouvais les vers bien découpés, de manière réfléchie. Il y a une exploration des formes poétiques, de la disposition des vers, mais ça ne semble pas gratuit.

Chaque texte se tient en soi, mais on suit facilement l'intrigue. On n'est pas dans un recueil de poésie où tout est plus impressionniste et diffus – ce que j'aime également! Mais, ici, on parle vraiment d'un roman, malgré la versification.

Depuis, j'ai lu au moins quatre autres romans jeunesse en vers, traitant de différents sujets (incendies de forêt, sœurs siamoises, intimidation, trouble alimentaire), mais aucun ne m'a paru aussi bien construit.

J'ai remarqué une tendance à

écrire

un

mot

par

vers

comme

si

ça

apportait

plus

de

profondeur.

À l'occasion, ça peut créer un effet super intéressant, quand ça illustre un mouvement ou une émotion.

Souvent, ça se lit juste mal et, à la longue, c'est irritant. C'est un procédé vide.

Voilà ce qui représente le plus grand défi pour moi, dans mon propre projet d'écriture. C'est ce sur quoi j'ai peur de me casser le nez: que la forme poétique ne soit pas justifiée.

À quoi bon écrire en vers si, finalement, mon histoire coulerait tout aussi bien en prose, comme un roman «traditionnel»? Si je fais juste disposer des mots verticalement pour faire joli ou deep?

Mes trois recueils de poésie publiés jusqu’à présent sont en prose. Mon premier livre en vers sera un recueil (pas un roman) pour les jeunes qui paraîtra cet automne à La courte échelle. C’est donc encore nouveau pour moi, d’autant plus que, pendant cette résidence, le projet est un récit plutôt volumineux.

À suivre!




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