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  • Photo du rédacteurAimée Verret

La direction littéraire: un mal nécessaire?

Je prêche peut-être pour ma paroisse, puisque la direction littéraire est la tâche que je préfère accomplir dans ma vie de pigiste de l'édition. J'adore décortiquer un texte, en explorer les rouages, trouver les endroits où creuser, ajuster le mécanisme pour qu'il tourne mieux. Je fais mes commentaires à l'auteur ou l'autrice, avec respect (et humour – en tout cas, j'essaie!), et nous discutons ensemble. Parfois, je mets de l'eau dans mon vin; souvent, il ou elle écoute mes recommandations, j'ose espérer avec satisfaction!

Notre but est le même: faire paraître le meilleur livre possible.

Ça ne veut pas dire que c'est facile d'être «à l'autre bout», d'être celui ou celle qui reçoit lesdits commentaires. Oh non!

J'ai publié sept livres, mais j'en ai plusieurs autres sur le feu. J'ai donc reçu des commentaires de lecture une bonne dizaine de fois. Et, chaque fois, ce n'est pas évident! Je ne peux pas parler pour tout le monde, mais je suis de nature orgueilleuse. Vous savez, la personne qui est habituée à réussir les choses du premier coup? C'est moi!

J'imagine que nul n'aime se faire dire que quelque chose est moins intéressant ou mal compris. Bien entendu, l'important est de s'entourer de collaborateurs et collaboratrices qui ont du tact, de l'empathie, et en qui on a confiance. Quelqu'un qui partage votre vision du projet, mais qui n'hésitera pas à être honnête et à vous contredire (s'il le faut!).

À partir de là, on serait bien mal venu.e de ne pas l'écouter...

Voilà à quoi peut ressembler un manuscrit annoté au cours de la direction littéraire.



Personnellement, malgré l'expérience, on dirait que je traverse toujours les mêmes étapes lorsque je reçois des commentaires sur mon texte!

  • Il y en a beaucoup! Je pensais que j'étais plus proche d'une version achevée que ça.

  • Mais là, si j'enlève cet aspect-là, il va falloir que je mette autre chose à la place! Je n'ai plus d'idées, moi!

  • Bon, elle a pas compris ce que je voulais faire... Je vais le lui expliquer...

  • OK, allons-y une page à la fois. Je vais commencer par ça. C'est facile à régler. Hop! Commentaire suivant.

  • Ah, tiens, ce commentaire-là me donne une idée. Je pourrais lier ça à l'autre commentaire de tout à l'heure. D'une pierre, deux coups!

  • Cette idée me donne une autre idée...

  • OK, c'est vrai que le bout qu'elle n'avait pas compris n'était pas clair. Est-ce si pertinent de le garder? Je le précise le passage ou je le coupe?

  • Ça non plus, c'est pas bon. Coupe coupe coupe!

  • Bon, finalement c'est beaucoup mieux comme ça! Plus précis!

  • Je comprends maintenant l'idée derrière les commentaires. Je suis très contente. Ce n'était pas aussi difficile que ça en avait l'air.

Il y a des projets pour lesquels ça se passe comme un charme; d'autres qui sont ardus. Des fois, quand on a travaillé beaucoup et qu'il y a des désaccords, on peut en garder une certaine amertume. Mais l'important, c'est le résultat. Les lecteurs et lectrices ne connaissent pas toute l'histoire. 😉

J'ai survécu et, même, je retravaille avec les mêmes personnes. Ça doit vouloir dire quelque chose! Je regrette les projets où je n'ai pas pu bénéficier d'un œil extérieur aiguisé. Une seule personne ne peut pas tout voir.

J'encourage tout le monde à faire affaire avec un ou une directrice littéraire, même si on s'autoédite. Tant qu'il s'agit de quelqu'un dont on respecte l'opinion.

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